Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 20:54

 

J'espère que vous avez tous eu un très joyeux noël.  J'ai profité de mes jours de vacances pour regarder le film "Ressources Humaines" dont Monsieur ADRASTE nous a parlé. 

 

Plein de bonne volonté,  fort de sa réussit dans les études, Frank effectue un stage RH dans l’usine de sa ville natale dans laquelle travaille son père depuis plus de trente ans et sa sœur depuis peu.  Il a choisit pour son mémoire « les 35 heures »

Fils d’ouvrier ayant grandit dans cette ville, il connait bon nombre des ouvriers de l’usine, les jeunes ont été ses amis avant qu’il s’éloigne pour étudier à Paris.  Il est accueilli  avec gêne, voir jalousé car maintenant il est dans le monde des patrons.

L’entreprise prospère et l’étude de Franck doit aider à la négociation des 35 heures.  Frank tente une passerelle entre le patronat et les syndicats en proposant un questionnaire sur les 35 heures.  Mais d’un côté, les ouvriers ne s’intéressent pas vraiment à son questionnaire car ils ne sont pas en mesure d’appréhender les enjeux (exemple le dialogue avec son père qui dit qu’il ne se sent pas concerné par le questionnaire, ce n’est pas à lui de réfléchir aux 35 heures, somme tout il est content lui de son sort, il est habitué comme ça !). De l’autre côté les patrons se servent de son travail sur les 35 heures pour légitimer leur projet de licenciement de douze personnes dont le père de Frank.

On sent fortement dans ce film ce qui lie les personnes : père et le fils, les rapports de classe, les conflits générationnels, idéologiques, etc.

Le père de Frank a fait beaucoup de sacrifices pour que son fils réussisse. Mais cette volonté de succès est fondée sur une ambiguïté que ne supporte pas Franck :                                                                                                                                        1)  la honte de sa classe                                                                                                                    2)  l'admiration et le respect archaïque du patronat que son père a voulu lui inculquer

Nous sommes touchés par les rapports entre le père et le fils.  Ce dernier.est au départ conciliant, il accepte les faiblesses de son père mais par la suite il ne peut pas accepter que son père refuse de soutenir une cause juste par la grève.  Le père refusait de faire grève par peur que son fils en subisse les conséquences.  Il avait fait beaucoup de sacrifices pour que ce fils quitte le camp des ouvriers, devient patron.

C’est un très beau film.  Monsieur ADRASTE disait dans son cours que ceux qui travaillent au RH sont schizophrènes, à la fois au service des patrons et au service des employées.  On le voit bien dans ce film.


Margaret 

 

 

Par Shangwe - Publié dans : DRH
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Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 22:31
Rencontre GRH Demain
mercredi 6 octobre 1999
CCIP - Ecole Supérieure de Cuisine Française

 

LA GESTION DES COMPETENCES : UN IMPERATIF DE MANAGEMENT

Définitions - Un peu d'Histoire - Présentation de la problématique -
Témoignages et débat - Conclusion

 

La gestion des compétences est devenue un des maîtres mots du discours des DRH. La gestion des Ressources Humaines fondée sur une logique de postes est battue en brèche et souvent remplacée par des modes de gestion faisant appel à la notion de compétence. Mais la fréquence d’utilisation d’une notion est souvent inversement proportionnelle à sa précision d’utilisation.

La notion de compétence est-elle simplement un mot à la mode, qu’il faut citer, pour " faire branché " dans les milieux de la GRH, une notion générique et vague ou un concept opérationnel impérativement nécessaire au management des entreprises ?

Les DRH utilisaient plutôt les concepts de performance, de potentiel, et surtout de poste ces notions familières et clairement définies vont-elles être rangées au rayon des accessoires au profit de " l’ outil compétence " ?

Il existe aujourd’hui de nombreuses définitions de cet " outil compétence ".

Pour le Larousse : droit de juger une affaire, compétence du tribunal, aptitude d’une personne à décider, connaissance approfondie.

Pour Nicole Mandon : la compétence est de savoir mobiliser connaissances et qualités pour faire face à un problème donné.

Dans l’accord " A. CAP 2000 de la sidérurgie : les compétences : il s’agit d’un savoir-faire opérationnel validé.

Pour G. Donnadieu et P. Deminal : la compétence est un ensemble de connaissance, de savoir-faire et de comportements structurés en fonction d’un but dans un type donné de situation de travail.

Pour M.F. Rienbold et J.M. Breillot : Nous appellerons compétence le processus de production d’une performance économique ou social régulière et reconnue, dans un contexte délimité concrètement.

Pour l’Association pour la Certification des Compétences Professionnelles : Les compétences sont caractérisées comme l’ensemble des capacités démontrées par les preuves de vie professionnelle et sociale courante.

De ces définitions, on peut retenir les points suivants : la compétence permet la production d’une performance régulière et délimitée, dans le cadre d’un processus intégré dans le champ socio-économique à l’interface du sujet et de l’organisation qui permet une reconnaissance sociale.

Un peu d'Histoire

Après la guerre en 1945, les arrêtés Parodi marquent une étape importante dans l’histoire des ressources humaines. On parlera désormais de " coefficients " et non plus seulement de " position " ou de " catégories " en attribuant une valeur monétaire au point de coefficient. La priorité des organisations syndicales est alors devenue la définition des salaires minima au plan national, pour chacune des principales branches industrielles.

La gestion des compétences se présente donc bien comme une nouvelle approche de la gestion des ressources humaines qui dépasse la gestion par poste de travail s’inscrivant dans une dynamique évolutive de recherche de mise en relation des emplois et des hommes qui met l’accent sur les hommes.

 

Présentation de la problématique

 

Face aux nouveaux besoins des entreprises relatifs à la demande de flexibilité, adaptabilité, réactivité, transversalité, les organisations du travail fondées sur la pure logique taylorienne par postes stabilisés au sein d’organigrammes pyramidaux semblent aujourd’hui largement dépassées. Accroître
le professionnalisme individuel et collectif, introduire une capacité à travailler en structures mobiles, permettre une prise en charge d’activités relevant d’une nature de plus en plus immatérielle,
tels sont les nouveaux impératifs qui président à une réflexion nouvelle sur les modes de gestion
des ressources humaines en entreprise. La réponse passe par une plus grande prise en compte
des compétences dans l’entreprise.
Témoignages et débat

 

Aperçu historique de la gestion par les compétences

A l’image du Professeur Georges TREPO de HEC, auteur de "La gestion par les compétences :
vers la concordance entre Stratégie et GRH" (Edition les cahiers de recherche HEC),
il faut se demander si l’intérêt porté aux compétences n’est pas tout simplement lié à un phénomène de mode. Cette hypothèse est illustrée par l’évolution de la gestion par les compétences en France
au cours des vingt dernières années. Depuis 1981, les compétences ont d’abord intéressé seulement
la GRH (prévoir le développement et l’emploi, favoriser les mobilités internes et la reconversion) puis, depuis 1990, également la stratégie ("compétences clé", "competency based management")
(voir l’article célèbre de Harvard Business Revue Mai-Juin 1990 de Prahalad et Hamel
" The Core Competence of the Corporation "). En 1993, la volonté affichée d’intégrer pleinement
les compétences dans la DRH s’est traduite par l’apparition de nouvelles perspectives : référentiels
de compétence, sélection sur cette base, évaluation annuelle et paiement des compétences.

Reste que dans les faits, l’aspect stratégique de la gestion par les compétences ne semble guère pris
en compte. Preuve en est le résultat d’une enquête menée en 1996-1997 auprès de grandes entreprises et de cabinets de conseil. Outre le peu d’engouement des directeurs-stratégie pour l’étude,
la moitié des répondants jugeaient "faible" le lien entre la gestion des compétences et la stratégie, tandis que le lien entre la gestion des compétences et leur rémunération s’avérait informel
dans 60% des entreprises intéressées. Pourtant, les entreprises les plus performantes sont aujourd’hui celles qui cherchent à gérer les RH dans l’optique du développement des compétences. Ainsi, Danone, RCO (emballages en carton ondulé) ou encore SODIAAL (Yoplait, Candia...) s’affichent
comme des entreprises pour qui les compétences apparaissent comme un outil stratégique
de développement des ressources humaines

Les enjeux

Pour sa part, son confrère, le Professeur Charles-Henri BESSEYRE DES HORTS, estime que
le véritable enjeu de la gestion des compétences réside dans la dichotomie entre leur transfert difficile (tacite) du savoir-faire vers le savoir et un transfert facile (explicite) du savoir. Regrettant
la faible implication des DRH sur ce sujet, il justifie le fond de ce débat par des raisons
de type organisationnel, culturel et humains. Du fait de la richesse que représentent les compétences pour leur propriétaire, ce dernier n’a guère intérêt à les partager

.

La rémunération des compétences

Forte de son expérience de responsable du département Ressources Humaines à la Caisse d’Epargne du Languedoc-Roussillon, Nadine JOLIS, auteur de "Compétence et compétitivité, la juste alliance" (Edition d’Organisation), apporte une réponse en estimant nécessaire la rémunération
des compétences. Elle comprend néanmoins l’indécision des entreprises face à un tel projet. Réticents
à abandonner la "rémunération au poste" - résultat d’un consensus progressivement établi
au cours des précédentes décennies et qui se traduisait par des grilles conventionnelles
de classification garantissant des salaires minimaux -, nombre d’entreprises rechignent à se diriger vers un dispositif de reconnaissance et de validation encore peu structuré. Nadine Jolis distingue
deux tendances lourdes autour de ce débat : longtemps en vogue, la première soutient
que l’accompagnement du développement collectif et individuel des compétences génère
dans l’entreprise une prise en compte du maintien de l’employabilité des salariés, et que cet avantage est en soi une rétribution. La deuxième réside dans le simple postulat que l’on ne peut espérer
un développement des compétences sans reconnaissance financière en contrepartie. Reste pourtant que la performance est citée comme premier motif d’augmentation par une très grande majorité
des entreprises, loin devant la reconnaissance des compétences.

Si la rémunération des compétences suscite de nombreuses interrogations (quelles compétences rémunérer ? En référence à quoi ?...), ses détracteurs avancent souvent l’argument
de l’inflation salariale. Pour Nadine Jolis, cette crainte est le fruit notamment d’une mauvaise pratique des remplacements pratiqués en matière de postes vacants (affectation sur opportunités
de commodité, absence d’évaluation du réel professionnalisme...), et du coût des effets
de "cascade" qui reproduit les dérives à chaque vague de remplacements, sans tenir compte
des évolutions de l’environnement technique ou économique.

Prenant pour champ d’observation l’exercice standard d’un métier, Nadine Jolis propose
une rémunération à une double dimension intégrant l’acquisition en nombre de compétences
et l’accroissement du patrimoine professionnel individuel (dont l’individu fait bénéficier l’entreprise). Proche de certaines méthodes américaines, l’établissement d’une fiche d’évaluation des compétences faisant se superposer le profil du métier et le profil de l’intéressé permet de positionner l’individu dans l’exercice de son métier et d’établir des paliers de proposition à promotion ou à révision salariale.

Chacun peut devenir acteur de son évolution

Alain DELBOY, chef de projet compétences à Air Liquide, a lui aussi utilisé la logique de "métier" dans sa démarche. Mettant en avant l’évolution des métiers et des structures (réactivité, autonomie, polyvalence), Alain Delboy s’appuie sur la possibilité pour chacun d’être davantage acteur de son évolution et de son efficacité personnelle. Inscrite dans une perspective de progression au sein de l’entreprise, la personne a la possibilité de s’auto-évaluer : chacune de ses compétences est évaluée sur une grille sur laquelle figurent quatre stades d’évolution mesurant son niveau d’expérience (acquisition : faible implication ; maîtrise ; orientation ; transformation). Avec une subjectivité réduite, l’intéressé connaît son positionnement et repère les domaines dans lesquels il doit progresser.

Après un an de mise en pratique, et la fin des phases d’apprentissage et de compréhension de la démarche, Alain Delboy estime que des efforts restent à faire pour que les personnes évaluées soient en accord avec leur évaluation. Selon lui, le plan de progression doit porter principalement sur les comportements et doit permettre de passer d’une logique de filière "métier" à une logique intégrant davantage les caractéristiques propres de la personne. Compétences individuelles, compétence collective et stratégie d’entreprise

 

Peu favorable à la dénomination "gestion de compétences", Doriano MARANGON, Directeur planification et développement des organisations au sein de l’entreprise Schneider Electric, conçoit que le knowledge management décrit une réalité désormais inévitable. Au début de la décennie, l’entreprise était engagée dans une stratégie de compétences : il s’agissait à l’époque d’identifier
les indicateurs clé de performance. Mais la faiblesse de cette démarche résidait dans sa lourdeur et son coût, et il existait un risque majeur de privilégier des compétences à même de devenir rapidement obsolètes, le tout au détriment de l’innovation. Doriano Marangon assimile les compétences à un iceberg dont les composantes cachées (attitudes, capacités, savoir-faire, caractéristiques personnelles) sont très difficilement détectables. Du fait de l’existence des connaissances cachées (Tacit knowledge), le problème principal réside dans la manière de transformer le savoir-faire (symbole de compétence) en savoir. Dans ce sens, la création du savoir conceptuel et systémique a toujours pour base un savoir-faire intuitif et opérationnel.

Après la fusion avec Merlin-Gerin, Schneider Electric met en place des outils visant à faire évoluer les compétences de leadership. Le pilotage des compétences s’effectue non seulement au niveau de l’entreprise (mise en cohérence des compétences individuelles et collectives), mais également au niveau géographique (locales, mondiales). Pour l’avenir, la stratégie d’entreprise impose d’anticiper les besoins sur ces quatre niveaux, de piloter les compétences clés par métier (savoir-faire) à travers la migration et le développement vers des métiers nouveaux.Pour Doriano Marangon, cette stratégie passe nécessairement par une approche mondiale et transversale, appuyée par un réseau Intranet permettant de repérer rapidement les savoir-faire et les motivations.

 

Conclusion

Par delà l’inévitable effet de mode, la gestion par les compétences est devenue une composante inévitable de la vie de l’entreprise. Dès lors, la DRH a tout intérêt à maîtriser parfaitement les divers aspects de cette démarche de management qui lie l’entreprise et ses salariés autour d’avantages communs : la réussite et la reconnaissance.

Margaret

Présentation de la problématiqueDéfinitions
Par Shangwe - Publié dans : GESTION DES COMPETENCES
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 15:56
Bonjour à tous,
Jennifer m'a fait remarquer qu'il faudrait signer les articles que nous mettons sur le blog, sinon, nous nous appellerons tous "shangwe" ce qui n'est pas très malin.  Je n'ai publié qu'un article, le premier; je vois qu'il y en a deux autres.  Désormais il faudrait mettre le nom de la personne qui publie.
Bonne semaine et week-end à tous.  J'espère que vous vous plaisez tous autant au travail que moi.
Qui a regardé hier soir l'emission : "La mise à mort du travail"  ?
Margaret
Par Shangwe - Publié dans : Divers
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 13:56

Le DRH au centre des interactions sociales et humaines !


Un entretien avec Gérard Pugnaire, Directeur du Personnel de la Branche Jeux de la Société des Bains de mer, à Monaco, et Président de l’ANDRH Côte d’Azur. Le 17 octobre 2009 à la principauté de Monaco, le Groupe Côte d’Azur de l’ANDRH (Association des Directeurs des Ressources Humaines) et le Groupe Ligurie de l’AIDP (Associazione Italiana per la Direzione del Personale) fêtaient le 20ème anniversaire de leur jumelage, en compagnie des adhérents de l’ANDRH Provence et de l’AIDP Piémont, qui les ont rejoint en l’an 2000, des Présidents Nationaux de l’ANDRH et de l’AIDP, de leurs partenaires et invités, à l’occasion du colloque organisé tous les ans. Cette année, un thème retentissant : « Quelle évolution de la fonction RH dans la prochaine décennie ? ».

Pouvez-vous, dans un premier temps, nous rappeler les relations entre le groupe ANDRH Côte d’Azur et le groupe AIDP Ligurie ?

Nous avons un partenariat très fort depuis 1989, initié dans le cadre du Congrès Européen à Paris entre Piétro Varaldo et Jacques Tournayre, alors présidents de leur Groupe, qui a été étendu, progressivement à partir de 1996, pour être sanctifié en 2000, aux groupes ANDRH Provence et AIDP Piémont.

Ce jumelage a permis d’initier des rencontres professionnelles de qualité pour mener une réflexion transfrontalière sur les ressources humaines. Notre première convention avait eu lieu à Nice sur le thème « Management du Personnel en Europe Méditerranéenne : Ligurie et Côte d’Azur ». Outre cette rencontre annuelle, ce jumelage nous permet de partager nos pratiques et expériences comme d’avoir un accès rapide et de confiance aux informations professionnelles dont nos adhérents respectifs pourraient avoir besoin, notamment dans certains échanges internationaux. Nous avons mis en place un véritable réseau de compétences, de solidarité et d’amitié qui se vérifie chaque jour depuis 20 ans.

Cette année, pour notre 20ème anniversaire, le thème choisi « Quelle évolution de la fonction RH dans la prochaine décennie ? » a eu un plus grand retentissement. Un brainstorming franco-italien six mois auparavant, nous avait fait mettre en évidence que, malgré sa solidité apparente, la fonction RH était en proie à de nombreux doutes des deux côtés des Alpes. Et pour cause... Les très nombreuses interrogations et incertitudes que nous avons relevées sur les systèmes, les comportements sociaux, les organisations, les financements de la prévoyance sociale, les règlementations diverses, au sein d’une mondialisation en mouvement, avec une influence prégnante de la prise de conscience de l’environnement, avec pertes de repères de la part des salariés au cœur de multiples complexités, laissent transparaître, au-delà de l’instabilité, une remise en cause profonde du travail et de l’entreprise et par voie de conséquence, de la fonction RH.

La crise que nous venons de subir et qui aura encore longtemps des effets induits, en termes sociaux notamment, ne nous est apparue que comme un révélateur de cette mutation en cours.

Comment avez vous abordé ces divers constats lors du colloque « Quelle évolution de la fonction RH dans la prochaine décennie ? » ?

Nous sommes tout d’abord partis de récentes études sur l’évolution de la fonction RH au cours des dernières années (études APEC, BCG,...) avant de réfléchir à son évolution.
Nous avons écouté le témoignage d’entreprises très diverses, en préalable à notre réflexion. Le DRH des chantiers navals italiens FINCANTIERI de Gênes, Sandro Scarrone, nous a exposé les problématiques actuelles d’un grand groupe, tandis qu’Elodie Pasturel, DRH de Wyplay, nous a expliqué comment elle avait mis en place la fonction RH au sein d’une start-up marseillaise, en fondant l’organisation sur la personne. Ainsi, près de 60% de ses ingénieurs ont été recrutés par cooptation. De quoi générer de la confiance et une forte intégration mobilisatrices !

De même, nous avons appris comment Sophia Antipolis, avec l’aide de Team Côte d’Azur, utilisait une forme de DRH virtuelle en centralisant plusieurs aspects de la fonction, communs aux entreprises de la Technopole. Cela pourrait bien aussi préfigurer une forme d’avenir de la fonction, notamment pour les TPE qui n’ont pas beaucoup de moyens, et qui pourraient se regrouper pour disposer d’un DRH que leur structure ne leur permet pas d’avoir.

Trois ateliers ont ensuite abordé une réflexion commune et partagée au travers de la vision des jeunes DRH, de la confrontation des idées focalisées sur la "Personne" dans l’entreprise, ses doutes et ses attentes, individuelles et collectives, et de l’analyse de l’influence de l’environnement économique, politique, social et sociétal (RSE notamment) sur le fonctionnement futur des organisations et les hommes et les femmes qui les composent. Une prise de conscience forte, sans nul doute, s’est ainsi exprimée par delà les frontières !

La fonction RH subit de nombreuses vicissitudes à l’heure actuelle, mais qu’en est-il ressorti concrètement quant à son évolution prochaine ?

Nous avons l’impression que nous devons passer d’une ère qui s’est révélée dominée par la finance ces dernières années (bien qu’elle soit un moteur nécessaire de l’économie) dans laquelle l’être humain, considéré comme ressource de l’entreprise, s’est senti souvent délaissé, au bord d’un monde de complexité sans pareille, à une ère nouvelle où la personne humaine doit être un des moteurs associé de la création de valeur.

Nous assistons en effet aujourd’hui, face à l’incompréhension, à des réactions individuelles et collectives qui surprennent par leur violence, aussi bien dans l’entreprise que dans la vie quotidienne. Nous sommes en danger, mais le savons-nous vraiment ?
La problématique humaine devient ainsi de plus en plus forte au cœur des organisations et il nous semble qu’il y a une réelle nécessité et une certaine urgence à reconstruire un lien social que nous avons quelque peu perdu.

Lors du colloque, deux chercheurs, Paolo Gasca, consultant d’Ambrosetti à Turin, et Dominique Schmauch, professeur associé du Groupe HEC et Directeur Général de Averroès Développement, nous ont fait part de leurs analyses et points de vue.
Je retiendrai pour ma part avec une grande force la conviction de Dominique Schmauch, pour qui le DRH doit devenir un DIH, le directeur des interactions humaines.
A titre d’exemple frappant, aujourd’hui, l’entreprise voit se mélanger différentes formes d’organisation, hiérarchique, matricielle ou de projet, et les réseaux. Que ces dernières soient structurées par l’entreprise, facilitées par elle, ou sous-terrain parfois, il faut désormais compter avec.
Il faut par conséquent gérer les interactions entre les différentes formes d’organisation pour éviter qu’elles ne se téléscopent. Pour gérer la complexité inhérente à cette multiplicité structurelle, il faut faire le lien entre les personnes, les structures, l’organisation et les systèmes, et les fédérer pour remplir les obligations et atteindre les buts de l’entreprise. La fonction RH, souvent habituée à maîtriser les complexités et l’instabilité propres à l’homme, peut donc devenir une fonction centrale de gestion des différentes interactions humaines.

Mais nous sommes encore loin du compte. Et les paradoxes n’ont pas fini de nous apostropher. Nous sommes ainsi confrontés à la dimension temps qui se réduit avec celle de l’espace qui augmente. Dans un système mondialisé, l’espace s’agrandit mais le temps ne suit pas, bien au contraire. Or, ce rapport espace-temps, augmente les complexités et réduit les capacités réelles d’action. Pour contrecarrer ces effets, gagner du temps sur le temps, les moyens de communication à distance (que l’on arrive curieusement à utiliser avec une grande fréquence également à quelques mètres) se développent de manière exponentielle. Les télécommunications se sont ainsi multipliées tellement vite, que nous ne les maîtrisons plus vraiment. Avec une corrélation dangereuse, à notre sens. La déperdition de la relation sociale et humaine au sein des entreprises.

Comment réagir face à une telle complexité ?

Face à cette complexité extrême, à la diminution des relations vraies entre les personnes qui les isole, il faut compenser en rassurant, en développant les formes de rencontre, en formant les collaborateurs et surtout en leur donnant du sens, dans la cohérence de tous les instants (vous avez dit GPEC ?) et la confiance qu’il faut faire renaître et faire vivre au quotidien. Le DRH ou le DIH de demain, me paraît être là pour cela, pour apporter sa compétence et sa conscience aux côtés bien sûr du Chef d’Entreprise et de toutes les fonctions qui concourent à sa réussite. Pour que la création de richesse enrichisse également l’esprit des hommes.

Propos recueillis par Christel Lambolez

DJ

Par Shangwe - Publié dans : DRH
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 21:14


Xavier Darcos va demander aux partenaires sociaux d’engager une négociation sur l’égalité professionnelle en vue de parvenir à une loi en 2010.

 

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, s’est engagé, le 20 octobre, au cours d’une rencontre avec l'Association des Journalistes de l'Information Sociale (AJIS), à faire une loi sur l’égalité professionnelle, son objectif était de « supprimer les écarts de rémunération et de représentation entre les hommes et les femmes d’ici au 31 décembre 2010 », conformément à une promesse de Nicolas Sarkozy. Le ministre du Travail va d’abord demander aux partenaires sociaux de négocier sur le sujet. Le calendrier serait le suivant : le ministre réunira la Commission nationale de la négociation collective « avant la fin du mois » et enverra un document d’orientation aux partenaires sociaux « dans les jours qui viennent ». « Ils auront à peu près six mois pour aboutir », faute de quoi, le ministère reprendra la main.

 
Simplification et transparence


Le ministre a évoqué les trois principes qui doivent guider la réforme. Il souhaite, ainsi, « simplifier les règles de négociation ». S’agissant des inégalités salariales, il se prononce en faveur d’un « système de bonus-malus, car il n’y a que les dispositifs contraignants qui fonctionnent ». Mais, avant d’en arriver là, « je proposerai un système de transparence et de publication des résultats pour les grandes entreprises », a-t-il ajouté. Il s’agit, vraisemblablement, de médiatiser les bonnes pratiques – ou l’absence de bonnes pratiques – des entreprises.
Enfin, sur la représentation des femmes dans l’entreprise, Xavier Darcos préconise le principe de la « due proportion » : « Un quota uniforme n’est pas forcément la bonne solution. »
Ces différentes pistes s’inspirent de celles préconisées par le rapport de Brigitte Grésy, publié au mois de juillet. Dans ce document destiné à préparer les travaux des partenaires sociaux en vue d’une concertation sur l’égalité professionnelle, prévue de longue date, l’ancienne chef du service des Droits des femmes préconise de fusionner les deux négociations obligatoires sur l’égalité professionnelle et sur les écarts de salaire.

 

Sanctions financières

Elle propose, également, des sanctions financières à l’encontre des entreprises qui n’auront pas fourni de rapport de situation comparée (plus de la moitié sont dans ce cas), et qui n’auront pas déposé d’accord, ou fourni de plan unilatéral, en faveur de l’égalité. Ces sanctions reposeraient sur un pourcentage de la masse salariale (1 %) à l’image du dispositif seniors, ou sur une réduction des allègements de charges. Elle propose, en outre, de médiatiser les actions des entreprises.
Sur la représentation des femmes, le rapport Grésy envisage, notamment, une obligation de 40 % de femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des entreprises de plus de 1 000 salariés, dans un délai de six ans.
Selon une étude de la DARES, les femmes gagnaient en moyenne, en 2006, 27 % de moins que les hommes ; 16 % de moins à temps de travail égal ; et 9,7 % de moins toutes choses égales par ailleurs.

DJ.

Par Shangwe - Publié dans : L'égalité professionnelle
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